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31/01/2010

Rideau

 07-02-10 Fuite.jpg

Les grilles du parc derrière moi se sont refermées
Dans un grincement de dents.
Les ondes du lac paisible et froid se sont ridées
Dans un bref frémissement.

Ne troublons ni les cygnes ni les calmes passants
De vaseuses puanteurs,
Que les navires enfantins voguent vaillamment :
Charybde dort, nulle frayeur.

Sur la pièce d'eau des Suisses, une nappe de brume,
Drap de neige sur notre jeunesse,
S'étend, lasse et molle caresse.

Quand nous puisions dans la réglisse notre amertume,
Tu souriais, ô Elvire !
Vois à présent : je chavire !...

(Poèmes marciens, 01/2010 ; Marc Novost, tous droits réservés)
(Acrylique sur toile : Fuite, Violette Prems, 07/02/2010, tous droits réservés)

01/01/2010

Vœux pour 2010

L'an deux mil neuf s'efface
Emportant rires et pleurs
Et cède à son vainqueur
Bien volontiers sa place,

Lui laisse le fardeau
De nous faire croire toujours :
Après la nuit, le jour,
La terre au bout de l'eau…

À bord d'un frêle esquif,
De havres en récifs,
Par tempête ou beau fixe,

Embarquons ! Embarquons !
Que roulent sur le pont
Les flots de deux mil dix !

(Poèmes marciens, 01/01/2010 ; Marc Novost, tous droits réservés)

31/12/2009

Souvenir d'automne

Souvenir d'automne (acrylique sur toile, 21-12-09).jpg

Sous les hautes ramures décoiffées par le vent,
Je m’enfonçais, l’épaule courbe et le front bas.
Sur la sente qui se déroulait sous mes pas,
Ma botte se faisait lourde, et le sol fuyant.

D’un ciel saturnien tombait la loi mortifère
Du temps, rongeant tout, des feuilles laissant les nervures,
Et la terre assombrie de leur pourriture
Déversait son humus au pied de la fougère.

Au loin résonnait l’écho des hommes au labeur,
Rentrée des troupeaux et récolte des regains.
J’allais plus avant dans une brume d’airain,
Matité où se perdaient leurs sourdes clameurs.

Tandis que je voyais approcher la clairière,
La nuit se parait d’une plus longue robe.
Les branches où pesaient la châtaigne et la sorbe
Resserraient sur moi leur étreinte mensongère.

Mais ni l’orme ni le tremble dans ce tourment,
Où se consumaient en ultimes flammes rousses
Quatre vingt-neuf jours déclinant en pente douce,
Ne purent freiner ma course jusqu’au jour naissant.

Dans les premières lueurs de l’astre matinal,
Mon doigt gourd sous le gant put enfin caresser
La noire frondaison de tes cheveux dénoués,
L’éclat mordoré de ta beauté automnale.

(Poèmes marciens, 12/2009 ; Marc Novost, tous droits réservés)
(Acrylique sur toile : Autoportrait, Violette Prems, 21/12/2009, tous droits réservés)