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24/02/2010

Au pied de l'arbre

Arbre (Marc Novost, pastel et fusain, 27-10-09).jpg

Au pied de l’arbre échoué dans la plaine,
L’âme penchée et la tête incertaine,
J’offre aux passants des corbeilles de fruits noirs
Et j’attends, comme le loup appelle le soir

Pour toi j’ai mis dans un panier profond
Les mots lourds dont les branches se défont,
Mêlant à l’ombre et aux fleurs bigarrées
L’âpre confit de prunelles égarées

À pleines mains, puise au creux de l’osier
Ces boules de foudre ! Qu’un sombre brasier
S’enroule autour de tes bras, de ton cou !

Sertie dans ce ténébreux caducée,
Ne crains plus l’ire de Vénus courroucée :
Par Hermès te voilà reine, et moi fou !

(Poèmes marciens, 24/02/2010 ; Arbre, pastel et fusain, 27/10/2009 ; Marc Novost, tous droits réservés)

13/02/2010

Et in Acedia ego

Mélancolie (Marie Gauthier, 09-02-2010).JPG

Il a le regard oblique des gouttes de pluie. Ses bras pourraient sembler trop grands, mais seulement aux yeux de ceux qui ne voient pas combien vaste est son Manque. Car c'est l'Absence qu'il enserre et c'est en elle que son silence se perd. Les mêmes gens lui trouveront, sous l'échine courbée, l'air abattu, résigné. Ils ne verront pas, dans le regard qu'il lance de temps à autre vers le soleil, luire un espoir qu'il a précieusement enfoui au fin fond de ses prunelles, camouflé d'un bleu changeant. Dans sa Réalité, il attend. "Agir sans agir", assis sur le vert tapis de cet étrange billard que l'on nomme Fortune, où tout s'entrechoque si bruyamment que l'on a tôt fait de perdre la boule. De ce fracas, il se protège par un rideau de pensées qu'il tisse jour après jour, et que le vent vient parfois éveiller. Un jour, peut-être, l'homme s'étendra-t-il dans son écrin de verdure et sourira aux étoiles, les mains calmes enfin, les mains apaisées pour la première fois...

(Carnet vert, 13/02/2010 ; Marc Novost, tous droits réservés)
(Sculpture : Mélancolie, Marie Gauthier, 09/02/2010, tous droits réservés)

08/02/2010

Tes silences

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Plus rien à dire, tant à exprimer...
Seuls les mots font défaut. 

Ceux qui ont appris le silence 
Auront plus que des yeux pour te lire, 
Plus que des oreilles pour t'écouter,
Plus que des mains pour t'écrire,
Plus qu'une bouche pour te parler.

Ils t'offriront l'épaule amicale 
Pour recueillir tes larmes muettes.

Pleure, Amie, pleure encore,
Et tu verras dans ses pâles rayons
Comment la Nuit engendre le Jour
Pour l'effacer aussitôt,
Dans la seule Loi, l'Éternel Retour.

(Poèmes marciens, 08/02/2010 ; Marc Novost, tous droits réservés)
(Acrylique sur toile : Silence, Violette Prems, 25/09/2010, tous droits réservés)